Je m’appelle Marius Nottet, je suis né en 1992 et suis auteur/illustrateur.

En 2012, j’ai terminé mes études secondaires artistiques à Saint-Luc Bruxelles. Je suis auteur de bande dessinées indépendantes et travaille également dans le domaine du livre jeunesse pour l’Ecole des Loisirs.

Qu’est-ce que l’édition indépendante?

La description que je vais faire de la bande dessinée indépendante m’est propre et ne correspond pas à ce qu’est ce type d’édition dans sa globalité.

L’édition indépendante, telle que je la propose ici, repose dans les grandes lignes sur les points suivants:

    • Une transparence des prix: La marge de bénéfice réalisée pour mes livres sera toujours communiquée. Le prix de chaque bd sera publiquement justifié par le coût de production et de taxation, la charge de travail dans sa réalisation, le service de dédicace personnalisé et le temps investi dans la préparation des colis.
    • Pas de pièce de collection: Je n’adhère pas au principe des goodies à outrance et des éditions limitées. En effet, je considère que le livre et son contenu se suffisent à eux-même. C’est également dans cet esprit-là que je propose un service de dédicace gratuit et personnalisé pour chaque livre vendu, la bd dédicacée étant ainsi normalisée tout en restant personnelle à chaque exemplaire.
    • Possesseur de mes droits: Mes créations et mes personnages m’appartiennent et je reste garant de leur continuité. Dans la même idée, je laisse tout à chacun libre le droit de pouvoir utiliser mes dessins pour réaliser des t-shirts et autres mugs, non pas dans une visée commerciale, mais pour eux-même ou encore pour offrir. N’hésitez pas à demander tout de même l’autorisation pour le principe et à m’envoyer des photos de vos réalisations!
    • Liberté de création: Je ne remettrai jamais en question l’importance des maisons d’édition pour la bande dessinée. Elles permettent le développement massif du média dans ses nombreuses et riches facettes. Néanmoins, par le modèle indépendant, je suis libre de ma direction artistique et de mes envies scénaristiques et ce même sans jamais devoir tenir compte des normes et tendances actuelles, ou encore du besoin de viabilité commerciale d’une tierce entreprise. Cela ne m’empêche bien évidemment pas de m’enquérir d’avis et de conseils auprès de gens avisés et reste ouvert aux critiques et aux remises en question. De mon point de vue, le fait qu’il y ait ou non un superviseur de projet ne garanti pas la qualité de ce dernier.
    • Proximité avec le lecteur: Ce point n’est pas propre à l’édition indépendante car Internet fait que tout à chacun est actuellement est accessible, si tant est qu’il le désire. Cette proximité est, il faut le dire, une composante essentielle si pas obligatoire pour ce type d’édition. Je suis disponible en cas de question ou de besoin via le formulaire de contact sur le site. J’espère également à terme, pouvoir être présent dans des festival de bd.
    • Diffusion: Avoir ma propre boutique me permet de gérer moi-même la diffusion de mes livres. J’évite ainsi les rayons des grandes surfaces et autres gros commerçants qui possèdent leurs qualités mais que je n’affectionne pas particulièrement. Le gros point noir de mon projet d’édition alternative et que je déplore reste l’impossibilité de faire participer les libraires, cela demande une logistique bien trop complexe et me prendrait beaucoup trop de temps.
    • Le prix libre: Pour la vente d’Ebook, j’applique un concept qui m’est cher: celui du prix libre. Chaque lecteur pourra donner ou non la somme qu’il peut se permettre ou qui lui parait le plus juste. Je me place ainsi dans une idéologie de l’internet à laquelle j’adhère, celle de la culture accessible au plus grand nombre. La rémunération de l’auteur reste cependant essentielle dans le monde actuel et j’espère que le modèle du prix libre est un bon compromis entre les deux visions des choses. >>En Savoir Plus sur le Prix Libre
    • Professionnalisme et viabilité: Ce modèle d’édition se veut professionnel, à l’opposé de ce que peut être l’auto-édition souvent connotée et perçue comme “amateur”. Dans la même idée, le but est aussi de créer une édition alternative viable, et par extension un choix, tout simplement, aux auteurs de bd lorsqu’ils désirent se lancer dans la publication de leurs œuvres. Je pense que la cohabitation entre les différents modèles éditoriales est saine et même souhaitable.

Le cheminement qui m’a amené à l’édition indépendante

Au sortir des études, j’ai voulu me lancer dans le métier dont je rêvais depuis toujours, celui d’auteur de bd.

J’ai donc commencé à démarcher auprès de divers éditeurs via les mails et les envois postaux. Le temps de réponse est souvent long et les réponses rarement détaillées. Les temps sont durs pour débuter ce métier et l’avenir financier souvent précaire.

Dans le même temps, une porte inattendue s’est ouverte à la maison d’édition de livre jeunesse l’Ecole des Loisirs. J’ai pu y illustrer mon premier livre, La Pièce d’Or, une histoire écrite par mon père, l’auteur Rascal. Je sortais tout juste de l’école et était un complet néophyte du métier. L’éditrice a pris le temps de me former, conseiller et m’a accompagnée pendant une année de travail jusqu’à l’aboutissement du livre. La maison d’édition ayant une succursale basée à Bruxelles et non loin de chez moi, j’ai pu m’y rendre autant de fois que nécessaire. Pendant cette année d’apprentissage, j’ai pu découvrir ce que je recherchais chez un éditeur: de l’implication et des rapports humains.

Pendant ce temps-là, je continuais de proposer mes projets de bd, sans succès. J’ai également eu des retours d’auteurs un peu désabusés du métier et de l’édition traditionnelle qui dans le fond ne leur correspondait plus. Je n’accuse pas les maisons d’édition de malveillance, loin de là. Cependant, bien que les éditeurs soient des gens passionnés, la réalité économique rattrape toujours les entreprises et peut contraindre à des choix ne pouvant pas satisfaire tout le monde…

Sachant que j’allais passer une bonne partie de ma vie à réaliser de la bande dessinée, j’ai commencé à m’interroger sur ce que je désirais vraiment. C’est là que j’en suis venu à me demander dans quelle mesure une édition indépendante et individuelle serait-elle viable et plus pertinente pour moi.

Dans une optique d’optimisation de mes temps de trajet et de travail, j’ai commencé à écouter massivement des podcasts. Tout d’abord, Podcast Science, un formidable balado qui m’a ouvert l’esprit sur tout un monde complexe et fabuleux, du point de vue de la démarche scientifique et sceptique dans laquelle je me suis totalement retrouvé.

Un heureux hasard fit que je découvris également le podcast de La Cellule. C’est une émission hebdomadaire consacrée principalement au jeu de rôle, et plus particulièrement au jeu de rôle indépendant. Je ne pratique pas moi-même ce type de jeu mais le fait est que son animateur, Romaric Briand et ses nombreux intervenants (Fabien Hildwein, Thomas Munier, Flavie Briand, Frédéric Sintes, Christoph Boeckle,…) sont des gens passionnés et passionnants.

Ils ont développés, tant individuellement que solidairement, un type d’édition indépendante pour publier leurs jeux. La Cellule a déposé des mots sur mes pensées et mes envies et ce, juste au bon moment. En bref, il m’ont procuré une flamme intérieure.

Le fait est aussi que ma découverte d’Internet vers mes 12 ans et de toutes les opportunités ce que peut offrir ce réseau a énormément influencé ma manière de concevoir le monde. Nous sommes bien sûr tous concernés par ce biais-là. Rien que de voir les vidéastes sur Youtube, par exemple, dont beaucoup produisent du contenu incroyable sans aval d’un éditeur, amène à réfléchir sur la manière dont on peut produire du contenu créatif de qualité et de son moyen de diffusion. Plus besoin de chercher de légitimité à l’édition indépendante, les preuves sont là: ce paradigme est une possibilité concrète.

J’ai néanmoins tenté une dernière fois de contacter des éditeurs, en me rendant au festival d’Angoulême de 2015. Je m’y suis rendu dans l’idée de créer un contact humain et direct avec des éditeurs dont j’appréciais la production. J’ai donc été démarcher auprès des stands d’éditeurs avec mon sac de projets mais le fait est que je m’étais trompé: les éditeurs étaient soit absents soit trop débordés pour pouvoir me consacrer du temps, c’est la folie à Angoulême. Seul Misma a eu le temps et la gentillesse de m’accorder une entrevue. Je ne suis pas reparti de là déçu, mais renforcé dans mes convictions d’une possible édition indépendante, taillée sur mesure pour moi.

J’ai alors commencé concrètement mes démarches de développement de mon projet vers le printemps 2015. J’ai réalisé ma première bande dessinée complète, “Y en a qui causent…” et ai ensuite fait le tour des imprimeurs jusqu’à trouver celui qui me convenait le mieux. En automne 2016, j’ai suivi des cours de gestion pour être en droit de me lancer en tant que gérant d’une boutique en ligne mais aussi de m’armer face à la complexité administrative. Ensuite vint l’étape de la création du site internet, pilier central du projet. J’ai reçu l’aide de l’auteur Philippe Liénard qui m’a convaincu de le faire par moi-même et m’a accompagné dans son développement.

Je suis heureux d’avoir pu sortir ce projet qui me tenait vraiment à cœur. J’espère le voir vivre longuement et qu’il connaisse de nombreux développements.

Merci de m’avoir lu,