Hello!

Je vais détailler, à mon niveau de connaissance actuelle, les raisons pour lesquelles j’ai décidé de passer par le Prix Libre pour la vente de mes Ebooks et de quelle manière j’ai décidé de l’appliquer. À noter qu’à l’instar de mon modèle d’édition indépendante, mon application du Prix Libre (PL) m’est propre et peut connaître certaines nuances selon son utilisateur.

Tout d’abord, qu’est-ce que le Prix Libre? En anglais, le terme équivalent est le “Pay what you want”, soit “payez ce que vous voulez”. Il s’agit bien de cela, de permettre à l’acheteur de fixer lui-même le prix sur une oeuvre, un produit ou un service, selon son envie ou même selon son propre budget.

Dans mon cas, j’ai décidé de l’appliquer pour la vente d’Ebook, qui ne me coûte pas d’investissement monétaire de base. Je ne pense pas que je le ferai un jour pour le livre papier, étant donné les frais d’impression et le temps investi dans la dédicace et l’envoi postal.

J’aime cette idée de Prix Libre, qui rejoint une idéologie de diffusion de la culture et de biens au plus grand nombre, sans discrimination.

La manière de disposer sa formule de prix libre est importante. Dans mon cas, j’ai encodé un prix par défaut (soit 3,50 euros pour “Y’en a qui causent”) que j’estime être juste vis-à-vis de l’achat proposé. C’est à l’acheteur de revenir par dessus ce prix pour encoder la somme de son choix, qu’il soit plus ou moins élevé. Ainsi, si l’on désire télécharger gratuitement l’Ebook, on doit inscrire “0” dans le montant. De cette manière, je pense que l’on “conscientise” le geste devenu anodin d’obtenir gratuitement quelque chose sur internet. Par cette méthode, je ne cherche bien sûr pas à culpabiliser qui ce soit, comprenant tout à fait les raisons pour lesquelles on ne désire pas investir d’argent. Cependant, je pense qu’il peut être important d’assumer ce choix, chose que l’on perd à force de télécharger en masse des fichiers en quelques clics.

C’est aussi pour cela que je ne mets pas à disposition directement les liens de téléchargement sur le site, mais qu’ils sont envoyés par mail une fois l’achat effectué. Rendre la démarche plus complexe permet de faire s’investir l’intéressé, même si cette démarche ne prend concrètement que deux minutes.

Loin de moi l’envie de jouer au “père la morale”, j’insiste vraiment là-dessus. Je pense qu’il y a un compromis à trouver dans le modèle internet actuel, et qu’il est possible de rémunérer les créateurs (car il ne faut pas oublier que c’est un métier, avec tout ce que ça implique comme enjeux) tout en gardant une culture libre et accessible. Certaines entreprises comme Netflix l’ont bien compris, beaucoup de consommateurs de téléchargements illégaux s’étant bien volontiers tournés vers leur offre de VOD toute à fait sensée et correcte. Peut-être qu’un jour serons-nous suffisamment de créateurs indépendants pour pouvoir proposer un service d’abonnement mensuel, qui sait, c’est une possibilité.

Le terme “don” (dans le sens donation) est pas mal utilisé dans le système de PL. Dans mon cas, c’est un mot que je réfute: je ne propose pas une demande de dons, mais un achat à prix variable. La nuance est importante, car dans les faits, je tiens un magasin en ligne dans lequel on peut acheter mes créations. Lorsqu’un acheteur investi dans un de mes ebooks, il me soutient par l’achat et non par le don. Il paye pour un contenu dans un premier temps, et dans une idée de supporter ma démarche dans un second temps (si c’est dans sa volonté de le faire, ce qui est facultatif). Faire un don est la démarche inverse: on paye pour soutenir un projet/cause et on reçoit éventuellement une compensation qui est optionnelle. Je tenais à faire la distinction.

Je ne suis pas l’investigateur de cette idée et comme vous pouvez vous en douter, le Prix Libre a déjà été appliqué par d’autres personnes, notamment dans le monde Anglo-Saxon déjà plus familier avec cette approche que nous. De ce que j’ai pu lire des expériences qu’ils en ont tirées, le système tend à ne pas fonctionner lorsque l’on laisse les gens mettre la somme qu’ils désirent sans poser un cadre approprié. C’est intéressant, car cela m’a conforté dans mon idée de “responsabilisation” expliquée plus haut, de par les recoupements que j’ai pu faire.

Je pense qu’il est important pour l’acheteur d’avoir conscience que certaines démarches le poussent ou non à investir de l’argent et d’en comprendre les raisons pour éviter ainsi une forme de manipulation par ignorance d’un système économique (qu’il soit atypique ou non).

Par exemple, le Prix Libre serait favorisé dans un cadre de récoltes de dons pour une cause humanitaire. Les gens auraient tendance à donner une plus grosse somme que si elle avait été imposée.

Dans la situation de l’achat d’un produit, il faut poser un cadre, sinon c’est la jungle. Certains grands principes ont l’air de se répéter d’une entreprise à l’autre:

Le fait de suggérer un prix sur lequel se conforter rend l’achat moins abstrait et aide l’acheteur.

Comme pour les entreprises classiques, il est important d’établir une relation de confiance (honnêteté dans la transaction, transparence sur le produit).

Le PL attire potentiellement un plus gros flux de personnes car il est souvent plus accessible qu’un prix fixe (et certains payent pour d’autres ce qui peut équilibrer le ratio payement/personne).

L’empathie est également une composante importante pour la viabilité d’un système PL. Par exemple, cela fonctionnerait mieux pour les petites entreprises “à échelle humaine” que pour les grosses corporations, car on peut mieux s’y identifier. Dans la même idée, si les répercussions directes de l’achat sont visibles et “positives”, cela encourage l’acheteur et au contraire, le manque de contact direct avec le vendeur pousse l’acheteur à donner moins. Il faut pouvoir se sentir concerné.

Un aspect intéressant est aussi le fait qu’on a pu observer que les gens sont plus attirés de payer un produit à prix fixe qu’un produit à prix libre. Les raisons de cela sont encore spéculatives mais l’hypothèse selon le fait que de payer un prix fixe serait plus simple en terme d’investissement mental (pas d’interrogation éthique sur cet aspect-là de son achat) est intéressante.

Pour ce qui est du potentiel impact concurrentiel sur les types de commerces classiques, je ne vois pas l’intérêt d’en parler pour le moment. Ma vision n’étant pas compétitive et mes ambitions bien moindres que celles d’une entreprise plus conséquente.

Je ne suis pas du tout expert du domaine et je dois bien avouer que toute cette théorie économique me met un peu mal à l’aise. Encore une fois, j’en parle car cela me semble plus honnête que de vous balancer sans aucune documentation un moyen de payement atypique. Cependant, mes choix portés sur le Prix Libre précédaient ma démarche de me renseigner plus “sérieusement” sur le sujet. Ce que je veux dire par là, c’est que je crois profondément en ce système alternatif et que justement, il s’agit pour ma part, plus d’une croyance que d’un choix rationnel. Je considère clairement ce choix du PL comme un risque volontaire. Bon ou mauvais choix, on verra bien…!

Je vous remercie d’avoir lu cet article dans son entièreté, en espérant que ce ne fut pas trop indigeste.

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Sources:


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