Bonjour à tous !

Cette chronique sera la première d’une série consacrée aux adaptations de l’univers de HP Lovecraft en bande dessinée.

Le but sera de voir comment les auteurs ont tenté d’adapter une œuvre basée sur de l’horrifique indescriptible dans un média où le dessin est souvent très figuratif et très codifié.

L’idée de cette série Exosquelette est aussi, d’à terme, moi-même proposer une version d’histoire Lovecraftienne en BD, suite à l’analyse de l’ensemble de la publication BD en la matière, et de donc concrétiser la théorie qui sera faite dans ces chroniques.

Dans ce premier épisode, je vais me pencher sur les BD anglo-américaines Neocomicon et Providence, avec Allan Moore au scénario et Jacen Burrows au dessin.

Voici un synopsis trouvé sur le site Actu BD :

Journaliste au New York Herald, Robert Black, qui aspire par ailleurs à devenir écrivain, se lance dans une enquête autour d’un mystérieux ouvrage alchimique arabe datant du Moyen-Âge. Son enquête le conduit à faire d’étranges rencontres qui l’amènent à quitter sa ville et son travail et qui l’enfoncent dans l’exploration d’un monde affleurant à peine à la surface de la réalité mais qui recèle une part d’horreur que l’on devine innommable.

Pour contextualiser un peu ma lecture, je vais d’abord faire une courte introduction avant d’entrer dans le vif du sujet et l’analyse de ces BD.

Déjà, j’ai lu les livres en ebook neonomicon en anglais et Providence en français, dont la traduction réalisée par Thomas Davier m’a semblé excellente.

Je me suis intéressé à Lovecraft sur le tard, et à l’heure actuelle, j’ai lu (mais aussi écouté en livre audio) à peu près tous les livres regroupant le Cycle Onirique et le Mythe de Cthulhu. Au fil de ma découverte, m’est venue l’interrogation de comment bien retranscrire cet univers en BD, partant même du principe que ce n’était pas possible sans affaiblir cet univers trop intimement relié au Roman.

Je débute cette série de chronique en ayant uniquement lu pour adaptation en BD que celles que je présente ici, j’ai décidé d’y aller progressivement et de partager l’évolution de mon raisonnement plutôt que de faire une seule vidéo résumant une sorte d’état de l’art de la production BD en la matière.

Aussi, plutôt que de m’attarder sur les histoires en soi, je vais tenter de me concentrer plutôt sur les spécificités de la BD au sein du récit, pour éviter de m’éparpiller, mais aussi pour essayer de faire ressortir de quelle manière une BD se construit dans une histoire et tenter de mieux comprendre ses codes, ses limites et ses forces. Il faut aussi dire que je ne suis pas du tout spécialiste de Lovecraft, en encore moins de la multitude de récits annexes qui ont été créés par la suite. Dans Providence, ça fourmille de partout de clins d’oeils, de références et de réflexions sur l’œuvre globale de Lovecraft, et cette série se veut être une sorte d’unification globale de toute cette littérature. Pour avoir une analyse plus axée sur l’histoire en soi et sur sa place dans le mythe de Cthulhu, je vous invite à écouter les trois chroniques de Welcome to Nebalia qui fait ça très bien !

Neonomicon et Providence forment un même récit global, et je vais principalement parler de Providence dans cette chronique car il est plus intéressant à étudier, d’autant plus que Neonomicon, en tant que livre seul, m’a tellement semblé être un pied de nez aux thématiques habituelles de Lovecraft qu’il en deviendrait presque hors sujet avec le but de cette chronique. Lorsque je parlerai ici de Providence, ça comprendra le récit dans son ensemble, Neonomicon compris. Par contre, c’est bien le mode de narration de Providence seul qui va m’intéresser ici.

Providence, en plus d’une histoire incroyable et un acte final donnant une impression d’impuissance et d’écrasement très à propos, possède une narration très particulière, que Alan Moore a déjà expérimenté par le passé avec Watchmen. C’est le fait d’entrecouper la BD de parties uniquement écrite, et qui adopte donc par moments une narration tenant entièrement du roman. Ainsi, par chapitre, on a 26 pages de BD suivies systématiquement d’une dizaine de pages romancées, qui sont majoritairement la lecture du journal intime de Black.

Bon, personnellement, ça m’a un peu décontenancé au départ, car en général, j’aime lorsque la lecture d’une BD est fluide, sans que le texte ne casse trop le rythme de ma lecture. Les parties romancées sont cependant très bien écrite, et c’est un plaisir de découvrir la pensée intime de Black, dont l’identité et le caractère profond sont énormément développés dans ces pages. Perso, je me suis attaché à ce personnage principalement dans la lecture de son journal intime.

La corrélation avec le thème lovecraftien de « monde caché » fonctionne aussi très bien par cette lecture intrusive dans l’intimité de Black, car ce perso possède des secrets et des pensées qu’il garde entièrement pour lui lors des passages BD du récit. Si on ne lisait que ces parties BD, on ne percevrait Black beaucoup plus qu’en surface, que par ce qu’il veut bien montrer publiquement.

Cependant, parfois, on lit la partie BD dont certaines scènes sont ensuite contredites par le journal, qui prend alors le dessus sur notre première lecture. De mon point de vue, dans Providence, la BD et le roman ne sont pas totalement équilibrés dans leur importance narrative. Cela vient du fait que Robert Black donne des précisions dans son journal sur sa perception de telle ou telle scène. Comme on a pas de phylactère de pensée pendant la partie BD, on ne peut que supposer (ou même ignorer) ce qui se passe dans la tête du héro et parfois, on se rend compte qu’il était méprisant, excité, impressionné à un moment donné, mais on ne l’apprend que par après, lors de la lecture de son journal intime. Si on suppose que la perception du personnage principal est la visière par laquelle on perçoit le récit, et que l’on se projette donc en tant que le lecteur, la vérité du récit à l’instant T ne nous est pas dévoilée lors de la partie BD, mais bien à posteriori par la partie Roman, qui détermine donc la réalité en prenant l’ascendant et sert de ponctuation au récit.

Voici un exemple concret de prise de dessus par la partie roman : à un moment, Black est dans un grenier, qui est dessiné comme un peu inquiétant et vaste. On passe très vite la scène, et on se concentre sur les dialogues et la mise en scène globale de la maison, qui est très réussie. Ensuite, dans le journal intime, on lit que Black a vraiment été impressionné par ce grenier, qu’il décrit comme lui donnant le vertige, chose que l’on a pas du tout ressenti dans la partie BD et qui est pourtant plus marquante en terme d’émotion, et d’impression sensorielle, chose importante dans l’œuvre de Lovecraft.

Tout ça m’a parfois donné l’impression de passer à côté de choses importantes lors de la lecture de la partie BD, et l’a même parfois amoindrie, car elle ne se suffisait pas à elle même sur le moment et il fallait attendre la partie Roman pour pouvoir apprécier pleinement une scène. Le fait que ça soit plus long de lire la dizaine de pages du journal que les 26 pages de BD renforce aussi l’importance de la partie roman, avec laquelle on passe plus de temps.

(NOTE : les cases longues, se prêtant bien au passage fluide de cadrage classique à une vue subjective)

Dans l’œuvre de Lovecraft, on suit souvent des personnages via un compte-rendu de leurs tragiques aventures, comme on le fait ici via le journal de Black. Alan Moore rejoint de cette manière ce mode de narration très caractéristique mais en lui ajoutant une partie BD, où l’on suit, par exemple, non plus une histoire qui s’est déjà déroulée au moment où l’on commence sa lecture, mais une histoire qui se passe pendant notre lecture, et dont le compte-rendu vient après. Il peut alors jouer sur deux temporalités et tenir le lecteur en haleine en créant ainsi une attente constante de révélations.

Si Moore avait voulu utiliser pleinement une narration BD, il aurait, par exemple, pu utiliser des encadrés narratifs au sommet des cases, comme on retrouve beaucoup dans les autobiographies d’auteurs de BD. Je pense à Carnation de Xavier Mussat, à l’Arabe du futur de Riad Sattouf et à l’Ascension du Haut Mal de David B. Cette narration aurait été logique avec cette idée de journal intime ou compte-rendu très Lovecraftien, et c’est un mode de narration qui a déjà prouvé son efficacité et le grand plaisir de lecture qui peut en découler. On y retrouve cette même idée de décalage entre la scène qui se déroule et le recul du narrateur qui la vit. C’est un bon moyen d’avoir une narration l’air de rien assez complexe, et de se sentir dans l’intimité et vision du monde du narrateur et personnage principal.

Mais on dirait que Moore et Burrows ont voulu accorder de l’importance à cette aspect de « hommage ultime au roman » de Lovecraft. Dans le Mythe de Cthulhu, les livres (exception faite de la BD) ont la puissance d’évocation suffisante pour influer sur l’esprit humain jusqu’à le rendre fou, comme par exemple le célèbre Necronomicon. La littérature, le livre purement écrit a donc une place essentielle dans l’univers de Lovecraft, et je comprends donc de parti pris de ne pas uniquement utiliser de la BD pour tenter de sublimer au mieux cet univers.

Lors de ma lecture, j’ai pensé au fait que, si dans les bouquins de Lovecraft, il y a une corrélation entre le fait de lire un roman et le fait que cette lecture raconte l’incroyable puissance de l’écriture, peut-être que dans une BD lovecraftienne, il serait pertinent d’y raconter que la BD possède cette même puissance destructrice pouvant rendre fou, et donc de transformer cet univers en un monde où il existerait une BD démoniaque, le Bdnomicon réalisé en 6000 avant Jésus Christ par le poète fou Abdul al-Hazred.

D’ailleurs, pour ceux qui ont lu la BD japonaise Billy Bat de Takashi Nagasaki et Naoki Urasawa, on peut voir ce thème commun que je ne soupçonnais pas jusqu’il y a peu. Dans Billy Bat, il existe un personnage magique qui a influencé les œuvres narratives des humains à travers les âges et qui, à une époque presque contemporaine, inspire un auteur de BD pour lui faire raconter ses prophéties. Dans ce manga, il y a aussi cette idée de BD pouvant influencer le monde et l’esprit des gens, du livre moderne mystique et paranormal. De manière assez détournée, Billy Bat possède donc par ce biais uniquement, une bonne idée de comment représenter cet aspect de Lovecraft en BD.

Le problème résiderait dans fait que la BD moderne n’existait pas à cette époque et amoindrirait peut-être l’importante crédibilité que met initialement Lovecraft dans ses récits. L’aura culturelle du roman et du livre classique est plus forte que celle de la BD dans sa dimension mystique et historique. Néanmoins, on peut jouer sur cet anachronisme en montrant une bdnomicon sous forme de BD archaïque et improbable qui perturberait d’emblée le lecteur imprudent. Aussi, la définition de BD de Scott McCloud englobe aussi des œuvres datant de 5000 ans, on est donc large si vraiment on voudrait jouer là-dessus.

Encore une fois, je recherche dans cette chronique une tentative de raconter au mieux du Lovecraft par le biais de la BD, et le constat est que Providence ne remplit pas entièrement ce rôle.

Providence n’est pas une pure adaptation de Lovecraft en BD, mais une réappropriation globale du mythe dans une théorie unifiée, dans un livre hybride, tel un Profond de Lovecraft, mélangeant à la fois le roman et la BD. Pour moi, Providence n’est donc pas entièrement une BD, même si elle est catégorisée en tant que telle. Pire, c’est un livre qui se sert de la BD pour mettre en valeur l’œuvre purement romanesque de Lovecraft. Cette idée y est vraiment aboutie, et fonctionne incroyablement bien, mais je pense que c’est un cas très spécifique, pas vraiment copiable et donc à prendre avec des pincettes en tant qu’exemple d’adaptation type de ce qu’on peut faire en BD pour raconter Lovecraft, vu que ce n’est pas pleinement une BD, de par le mélange de codes que le récit emploie.

Pour résumer, Providence est un livre hybride roman-BD qui est une réinterprétation globale des romans de Lovecraft. Donc, une lecture atypique extrêmement intéressante !

Providence commence d’ailleurs par une case remplie de texte, ce qui est un joli moyen de mettre en scène dès le départ cette idée d’hybridation entre BD et roman.

Je vais à présent rapidement parler du dessin semi-réaliste et très précis de Burrows. De manière générale, je ne suis pas très sensible au dessin réaliste dans la BD, je trouve qu’il n’a que très rarement la même force évocatrice d’un dessin plus libre, dans lequel je peux davantage me projeter. Dans providence, on comprend assez vite le parti pris des auteurs : représenter le réel sans fantaisie graphique pour correspondre à l’univers matérialiste et scientifique de Lovecraft. Quand intervient l’horreur dans cet univers rationnel, il n’en serait que plus perturbant, en théorie.

Le dessin est principalement servi et très valorisé par son excellente mise en scène et découpage, le dessin semi-réaliste a ici une fonction bien souvent purement utilitaire. En fait, cette BD aurait pu être un roman photo, ça n’aurait pas changé grand chose, hormis le coût de production.

Dans Providence, les personnages parlent de la puissance des mots et de leur origine magique, et met donc l’accent sur leur importance, mais jamais sur le dessin, bien que l’on pourrait considérer l’écriture comme un dessin où seul le sens a de l’importance, et non son esthétique, et considérer le dessin comme une forme d’écriture évocative possédant sa propre grammaire.

Par exemple, dans le tome 3, Black évoque dans son carnet une gravure qui le met très mal à l’aise. On ne voit jamais cette gravure, et le récit met donc en avant la force de l’écriture plutôt que la force plus directement représentative du dessin. Donc, même dans un moment où on devrait se servir du potentiel anxiogène du dessin, on préfère utiliser la description écrite pour faire ressentir de l’émotion au lecteur. Je pense que c’est un cas assez unique dans la BD !

On peut tout de même signaler le personnage du peintre, Pitman, donc un représentant et praticien du médium dessin, dont les peintures sont de l’hyper réalisme. Pitman parle d’ailleurs de la représentation graphique et du mysticisme qui sonne alors comme un discours méta. Je cite : « l’occultisme et l’art sont liés depuis les premières peintures préhistoriques. Il y a les symbolistes, les surréalistes, les cubistes…ils essayent de représenter quelque chose de plus réel que la réalité. » fin de citation.

Le fait que Pitman peigne le monde caché, les monstres de manière réaliste est parce qu’il y a directement accès. Il leur donne ainsi corps dans toute leur terrible réalité rationnelle. Il va au delà de la représentation abstraite par de l’hyper réalisme. Le rôle de jacen Burrows est le même, ancrer cet univers et le lecteur dans un monde possédant le même type de crédibilité que le monde du lecteur, où se mélangent réalité coutumière et horreur toute aussi réelle. C’est un parti pris sensé, très logique avec l’univers de Lovecraft dans la volonté de Providence et se l’approprier. Cela fonctionne peut-être même mieux dans Neonomicon où le contexte nous est contemporain, comme l’étaient le contexte des récits de Lovecraft en son temps.

C’est probablement très personnel, mais je pense qu’un dessinateur, pour raconter du Lovecraft dans une optique d’adaptation pure ou même d’une histoire originale, devrait avoir un dessin naturellement angoissant ou ouvrant déjà de par son ambiance sur un fond de fantastique.

Je pense à l’auteur américain Charles Burns, qui a un dessin très précis, très figuratif, mais inquiétant, et qui sait faire intervenir du paranormal de manière très fluide, comme il l’a déjà démontré dans sa trilogie Toxic et encore plus dans le dérangeant Black Hole.

Le fait de proposer un dessin anxiogène, même dans les plus simples scènes peut permettre je pense, de faire accepter au lecteur la dimension paranormale et horrifique quand elle intervient, car on est plongé dans une ambiance globale qui, dans le cas de Black Hole, a eu sur moi un effet de dégoût profond et un réel effet physique pendant ma lecture.

Je pense que le dessin de Burrows fonctionne bien, et est même très bon dans son genre semi-réaliste, mais ne laisse pas une impression de malaise épidermique par lui-même, et c’est plus les scènes montrées en soi et le récit qui mettent mal à l’aise, et non son style de dessin. Dans les scènes paranormales, Burrows a plus l’air de tenir du surréalisme, à la René Magritte, là où Burns propose un dessin où l’horreur est toujours présente et naturelle au récit.

Le bédéaste et théoricien américain Scott McCloud, dans son fameux « Understanding comics » ou « art invisible » dans sa version française, parle « d’un graphisme pour voir et un autre pour être ». J’adhère beaucoup à ce principe, de l’efficacité d’un dessin de personnage synthétique, iconique qui serait ancré dans un décors plus réaliste. Pour de multiples raisons développées dans son livre, Scott McCloud énonce que, dans notre vision d’humain, on s’identifie mieux à un personnage abstrait, un concept d’humain car il représente mieux notre monde intérieur, nos idéologies et nos concepts. Bon, je vous conseille de lire ce livre si ça n’est pas déjà fait, pour vous faire une meilleure idée de ce dont je parle, mais en gros, ce que je veux dire par là, c’est que, pour ressentir davantage d’empathie pour un personnage Lovecraftien, ce qui est essentiel, il vaudrait mieux le représenter davantage par l’icône, et pour planter un décors qui évoque le fait que ces événements d’horreurs cosmiques soient possibles, dessiner les maisons, les machines et tout ce qui n’est pas un personnage de manière très précise et plus photographique que les personnages. « Un graphisme pour voir et un autre pour être ». Un décor réaliste et un perso symbolique. Ce n’est évidemment pas la seule approche possible, mais de mon point de vue, c’est celui qui sied le mieux si on veut utiliser le plus efficacement le langage dessiné dans une optique Lovecraftienne, de personnage empathique dans un univers tangible et froid. Ou même, faire régresser le personnage d’un style réaliste vers un style abstrait pour montrer sa descente vers un monde d’une horrible rationalité qui lui échappe et avec lequel il est en cassure, en même temps qu’il plonge toujours un peu plus dans la folie et que le lecteur ressent de l’empathie pour lui.

Pour conclure cette première chronique, je résumerais que Providence est un livre ayant utilisé la BD comme un média qui a cela de commun avec le roman qu’ils partagent un même support physique, pour pouvoir raconter du Lovecraft avec un œil neuf. L’utilisation de deux temporalités, de deux types d’écritures et de deux médiums laisse vraiment songeur sur une possibilité de cross-média très organique et ouvrant sur une multitude de nouvelles possibilités.

La prochaine chronique de cette série Exosquelette consacrée à Lovecraft sera probablement portée sur la lecture de la BD « Les mythes de Cthulhu » des auteurs Argentins, Norberto Buscaglia et Alberto Breccia, dont le dessin est beaucoup plus abstrait que celui de Burrows et les histoires sont des adaptations directes des nouvelles de Lovecraft, ce qui présage donc d’une approche complètement différente.

Je vous remercie pour votre temps de cerveau et vos points de santé mental et vous dit à bientôt pour de prochaines émissions !

 

 

 

Dessin réalisé pour la chronique :


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *